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Le blog de algerie-infos

"La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve" Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

"Wissam el-Hassan appelait ses amis de la CIA à davantage s'impliquer en Syrie"

Le message d'El-Hassan à Ignatius, trois jours avant sa mort
 
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David Ignatius, un des éditorialistes du Washington Post, livre dans un récent article un éclairage particulièrement intéressant de l’assassinat de Wissam el-Hassan, le chef du service de renseignement de la composante sunnite libanaise, qui était proche des Etats-Unis et de la France.

Le 16 octobre, trois jours avant sa mort dans l’explosion d’une voiture piégée à Beyrouth, El-Hassan a appelé Ignatius, depuis la France où il séjournait, pour lui dire que ses contacts avec l’opposition syrienne le plaçait « sous la lumière intense du Hezbollah » (ses rivaux chiites libanais, ndlr), ce qui compliquait ses déplacements, et faisait de lui une cible potentielle.

L’ancien chef de la sécurité de Rafic Hariri appelait surtout les Etats-Unis à ne pas rester « dans une zone grise » en Syrie. « C’est une vraie guerre, insistait el-Hassan auprès d’Ignatius.Vous devez la faire 24 heures sur 24 ». Et dans cette perspective, « les Américains doivent être à la frontière (de la Syrie, ndlr), travaillant avec l’Arabie saoudite, la Jordanie et la Turquie pour entraîner les rebelles, les aider à commander (leurs bataillons, ndlr) et contrôler » la situation, rapporte l’éditorialiste du Washington Post et fin connaisseur du Moyen-Orient. Bref, Wissam el-Hassan appelait ses amis de la CIA à davantage s'impliquer en Syrie.

En fait, comme le souligne un membre des services de renseignements français qui connaissait bien Wissam el-Hassan, celui-ci a été tué « parce qu’il avait franchi la ligne rouge », en facilitant l’acheminement des armes aux rebelles syriens. Ce que lui-même disait à demi-mots à David Ignatius, trois jours avant sa mort.

Plus qu’une volonté de déstabiliser profondément le Liban, comme on le dit très souvent, les commanditaires de l’assassinat d’el-Hassan –la Syrie avec ou sans un appui libanais – ont voulu adresser un message fort sur les dangers que « la vraie guerre » impliquait pour tous ceux qui la mènent sur le terrain ou dans les coulisses…

Nul doute que l’avertissement aura été déchiffré à Doha, Ryiadh, Amman et Paris. Ce qui peut expliquer pourquoi ni le camp sunnite libanais, ni leurs sponsors internationaux, n’ont « sur réagi » à cet assassinat, préférant au contraire appeler au maintien du Premier ministre libanais Najib Mikati à la tête d’un gouvernement pourtant fortement contesté par la rue sunnite.

(Crédit photo: AFP)

Un commentaire

 

Je dois manquer de vision stratégique; mais en tant que français, et ignorant à peu près tout de l'angle sous lequel mon gouvernement aborde la gestion du "grand jeux" dans ce conflit, je persiste à me demander ce qu'il y a à gagner à entrer dans des coalitions plus ou moins hétéroclites où nos "allié" sont largement aussi antipathiques et potentiellement dangereux que nos "ennemmis"...!

 

 

 

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